Biographie
Une voix. Une musique de nulle part. Un instrument millénaire.
Miloud Benmebarek naît à la musique sur les scènes d’Oran. Entre 1982 et 1992, il compose pour le théâtre algérien : plusieurs pièces mises en scène par Abdelkader Alloula portent sa musique, tout comme Azziz Nesin, dont il co-signe la partition. Il écrit également la musique du film La Fleur Empoisonnée, de Mohamed Bousbar, et rend hommage à Kateb Yacine sur la scène du théâtre d’Oran. En 1993, on le retrouve au chant au sein du groupe Transe, pour un concert resté dans la mémoire de la presse algérienne : une fusion de poésie, de musique et de sculpture autour du patrimoine du grand Sud, aux côtés du sculpteur M’hammed Bouheddadj.
Au début des années 1990, Miloud s’installe en France. Il y déploie une musique hors norme, qui associe de manière résolument moderne la source du Maghreb et de l’Orient, la tradition du Diwan et l’énergie du blues. La scène devient son théâtre : Zénith, Festival des Musiques du Monde, invitation de Jacques Higelin au Cirque d’Hiver, hommage à Kateb Yacine au Centre Culturel Algérien de Paris, concerts au Hot Brass, au Pied de Chameau, au théâtre Trianon, à l’Erotika… Sa musique voyage aussi en Tunisie, au Maroc, en Espagne, en Italie. Dès 1996, il figure à l’affiche du Festival International des Musiques du Monde, place de Stalingrad, aux côtés de Touré Kunda, Idir ou Massilia Sound System.
En 1999 paraît Afriquia (label Al Sur), premier album solo. La presse y entend « le blues du Diwan », une musique qui pince les cordes du guembri et fait résonner la tradition brute des gens du désert. Six ans plus tard, à l’hiver 2004-2005, un concert parisien est enregistré en public : il deviendra Le Berceau, double album paru au printemps 2007. Né de rencontres et d’improvisations, ce disque acoustique abolit les frontières entre les genres et les pays et recrée, autour d’une Méditerranée mythique, un voyage où se croisent l’esprit des Gitans, celui des Soufis et celui des Griots.
Depuis, Miloud Benmebarek continue de faire vivre cette musique sur les scènes parisiennes et au-delà — du Comptoir à Fontenay-sous-Bois au Centre Mandapa, jusqu’aux soirées de poésie partagées avec d’autres voix de la scène franco-algérienne. Homme de spectacle, héritier des « cha’irs », les poètes qui sentent, il porte une musique absolument moderne, sans doute avant-gardiste, à une époque où le métissage musical se cherche encore.
Repères chronologiques
- 1982–1992 — Compositeur pour le théâtre algérien : pièces mises en scène par Abdelkader Alloula, musique du film La Fleur Empoisonnée, hommage à Kateb Yacine
- 1993 — Chant au sein du groupe Transe, concert au Palais de la Culture d’Oran
- Début des années 1990 — Installation en France
- 1996 — Festival International des Musiques du Monde, place de Stalingrad (Paris), aux côtés de Touré Kunda, Idir, Massilia Sound System
- 1999 — Sortie de l’album Afriquia (Al Sur)
- 2004–2005 — Enregistrement live à Paris du concert qui deviendra Le Berceau
- 2006 — Concert « Le Berceau » au Comptoir, Halle Roublot (Fontenay-sous-Bois)
- 2007 — Sortie du double album Le Berceau
- 2008 — Concerts « Blues algérien » et « Chants et Blues du désert » au Centre Mandapa (Paris)